En France, les filles réussissent mieux que les garçons au baccalauréat. Pourtant, elles sont encore largement minoritaires dans les filières scientifiques et les écoles d'ingénieurs. Ce paradoxe ne tombe pas du ciel : il se construit, année après année, stéréotype après stéréotype, dès la petite enfance. Et si la solution commençait dans la salle de classe — dès 2 ans ?

Le décrochage commence au CP. Pas au lycée.

On a longtemps cru que les filles "décrochaient" des sciences au lycée, au moment de choisir leurs spécialités. Les données récentes montrent que c'est beaucoup plus précoce que ça. Selon l'Institut des politiques publiques, l'écart entre filles et garçons en mathématiques apparaît dès le milieu du CP — à peine cinq mois après l'entrée à l'école élémentaire. Et il ne cesse de se creuser ensuite.

Comment est-ce possible ? Ce ne sont évidemment pas les capacités cognitives qui sont en cause. Les recherches montrent que les filles obtiennent des performances comparables à celles des garçons en sciences — mais qu'elles intègrent très tôt des stéréotypes qui les éloignent de ces matières. Des messages parfois subtils, parfois explicites, qui construisent un récit : "les sciences, c'est plutôt pour les garçons".

44%
des femmes scientifiques ont entendu à l'école que "les femmes sont moins compétentes en maths"
Enquête Elles Bougent, 2024
82%
des femmes scientifiques ont été confrontées à des stéréotypes de genre pendant leur scolarité
Enquête Elles Bougent, 2024
63%
des étudiantes en sciences ressentent le syndrome de l'imposteur
Enquête Elles Bougent, 2024
21%
des répondantes ont été explicitement dissuadées de poursuivre des études scientifiques
Enquête Elles Bougent, 2024

Et le rôle de l'école dans ce processus est documenté. Les études montrent que lorsqu'un garçon réussit en sciences, on a tendance à le féliciter pour son talent ; lorsqu'il s'agit d'une fille, on la félicite pour son travail et son sérieux. Une différence de langage qui semble anodine, mais qui, répétée des milliers de fois, construit une croyance : le garçon est "naturellement doué", la fille "travaille bien". L'un a du génie, l'autre de la discipline. Ce biais commence tôt — et il a des conséquences durables.

Le problème n'est pas que les filles n'aiment pas les sciences. C'est qu'on leur apprend, très tôt, à croire qu'elles n'y ont pas leur place.

— 314 International School

Ce que nous faisons différemment à 314

Si le décrochage commence au CP, alors c'est avant le CP qu'il faut agir. C'est exactement la logique de 314 International School : intégrer les sciences dès la maternelle, dans un environnement où aucun enfant — fille ou garçon — n'est orienté par des stéréotypes.

Dès la toute petite section, nos élèves manipulent, observent, questionnent. Ils et elles font des expériences avec de l'eau, des plantes, des matériaux. Ils et elles utilisent des loupes, des balances, des instruments de mesure. Il n'y a pas de "coin sciences pour les garçons" et de "coin lecture pour les filles" : il y a un environnement où tout le monde explore, tout le monde cherche, tout le monde a le droit de se tromper et de recommencer.

Dès leur entrée dans la Classe des Chercheurs — notre première classe de primaire — nos élèves accèdent au FabLab : plus de 100 m² dédiés aux sciences et à la technologie. Un vrai laboratoire, à leur échelle, où la démarche scientifique prend vie. Les enfants y formulent des hypothèses, manipulent, mesurent, fabriquent, se trompent et recommencent. Les filles y ont exactement la même place, les mêmes outils et les mêmes attentes que les garçons — et ça change tout.

Dans cet espace, pas de "coin sciences pour les garçons" et de "coin arts pour les filles" : il y a des microscopes, des circuits, des matériaux, des outils — et des enfants qui explorent, ensemble. Les filles ne sont pas "invitées à participer" : elles sont au cœur du dispositif, au même titre que leurs camarades.

Le bilinguisme comme levier d'égalité

Apprendre en deux langues offre un avantage inattendu dans la lutte contre les stéréotypes. Les recherches internationales montrent que l'exposition précoce à des contextes culturels différents développe la flexibilité cognitive et réduit l'adhésion aux rôles genrés. À 314, les enfants découvrent que dans d'autres cultures, dans d'autres langues, les femmes scientifiques sont célébrées, visibles, normales. Le bilinguisme élargit les modèles — et les horizons.

Des modèles qui changent le récit

On ne peut pas devenir ce qu'on ne voit pas. C'est pourquoi, à 314, nous intégrons des figures féminines scientifiques dans le programme, naturellement, pas comme un événement ponctuel le 8 mars. Les femmes scientifiques font partie du paysage quotidien de l'école — dans les livres, les projets, les affichages, les sorties.

  • 🧬
    Marie Curie Deux prix Nobel, pionnière de la radioactivité. On commence par les classiques — et on explique pourquoi elle a dû se battre deux fois plus.
  • 🚀
    Katherine Johnson Mathématicienne à la NASA, ses calculs ont envoyé des astronautes dans l'espace. Invisible pendant des décennies — plus jamais.
  • ✂️
    Emmanuelle Charpentier Prix Nobel de chimie 2020 pour la révolution CRISPR. Française, vivante, inspirante — et présente dans nos projets de sciences.
  • 🌊
    Sylvia Earle Océanographe, exploratrice des fonds marins, militante écologiste. La preuve que la science et l'engagement vont ensemble.
  • 💻
    Ada Lovelace Première programmeuse de l'histoire — au XIXe siècle. On la présente à nos élèves avant même qu'ils ne touchent un clavier.

Mais les modèles ne sont pas que dans les livres. Nous organisons des rencontres avec des femmes scientifiques, ingénieures, chercheuses — des vraies personnes, avec de vrais parcours, qui viennent raconter leur quotidien. Pour qu'une petite fille de 6 ans puisse se dire : "Elle me ressemble. Alors moi aussi, je peux."

Parents : 6 gestes simples pour changer la donne

L'école ne peut pas tout faire seule. Les stéréotypes se construisent aussi à la maison — souvent sans qu'on s'en rende compte. Voici six gestes concrets que vous pouvez adopter dès maintenant pour encourager votre fille dans les sciences.

01
Offrez des expériences, pas des étiquettes
Un kit de chimie, un microscope, un jeu de construction — pas parce qu'elle est une fille "différente", mais parce que c'est passionnant pour tout le monde.
02
Félicitez le raisonnement, pas le résultat
"Comment tu as trouvé ?" vaut mille fois mieux que "Bravo, c'est juste". Ça valorise la démarche intellectuelle, pas la performance.
03
Montrez des femmes scientifiques
Films, livres, podcasts, documentaires. Rendez visible ce qui est trop souvent invisible. Il existe aujourd'hui des ressources formidables adaptées à chaque âge.
04
Surveillez votre propre langage
"Je suis nulle en maths" dit devant votre fille est un stéréotype en action. Les enfants absorbent tout — surtout ce qu'on dit de soi.
05
Normalisez l'erreur
Les sciences, c'est se tromper, recommencer, et comprendre pourquoi. Si votre fille a peur de l'erreur, elle évitera les matières où on se trompe — c'est-à-dire les sciences.
06
Choisissez une école qui s'engage
Une école qui intègre les sciences dès la maternelle, qui met en valeur les modèles féminins, et qui refuse les étiquettes de genre. Ça existe.

Notre vision : des scientifiques avant d'être des filles ou des garçons

À 314 International School, nous ne faisons pas de "programme spécial filles". Nous faisons quelque chose de plus radical : nous créons un environnement où la question du genre ne se pose pas en sciences. Où une fille de 4 ans qui démonte un mécanisme n'est pas "surprenante" — elle est normale. Où un garçon de 5 ans qui pleure devant une expérience ratée n'est pas "faible" — il apprend.

Quand les sciences sont intégrées dès la maternelle, quand elles sont enseignées par l'enquête et par projets, quand le droit à l'erreur est un principe fondateur, quand les modèles féminins sont partout — alors les stéréotypes n'ont tout simplement pas de prise. Les enfants grandissent avec une certitude : la curiosité n'a pas de genre.

Nous ne voulons pas que nos élèves deviennent des filles qui font des sciences. Nous voulons qu'elles deviennent des scientifiques — point.

— 314 International School

Les filles cherchent majoritairement à donner du sens à leur orientation — elles sont attirées par les parcours porteurs d'engagement et d'impact. C'est exactement ce que notre pédagogie par projets leur offre : des sciences connectées au monde réel, des questions qui comptent, des expériences qui servent à comprendre et à agir. Pas des sciences abstraites et déconnectées — des sciences vivantes.

La curiosité n'a pas de genre. L'ambition non plus.

314 International School ouvre à Orsay en septembre 2026. Sciences dès la maternelle, Classe des Chercheurs, FabLab, bilinguisme.

Découvrir l'école